Par-delà les nuages : faut-il mettre son informatique au « cloud » (conférence)

Les entreprises investissent-elles massivement dans le cloud computing ou regardent-elles avec circonspection l’agitation des vendeurs ? Difficile de se faire une opinion, tant les études divergent à ce sujet. Un décryptage impertinent s’impose.

 

1- Constat : des pannes qui (r)enseignent…/l’apprentissage de la panne

Ainsi donc l’informatique dans les nuages serait plus fiable que l’informatique classique d’entreprise ? L’image de haute disponibilité prêtée aux entreprises du web championnes du cloud computing, telles qu’Amazon, Google… semble accréditer cette thèse. Pourtant le bilan de l’inventaire est sans appel. Les pannes s’accumulent dans les nuages. Des pannes à répétition et parfois très graves (plusieurs jours consécutifs d’interruption). Et si l’analyse détaillée de ces  pannes nous en apprenait davantage sur la réalité du cloud que toutes ses mises en scène marketing ? Une manière de se désintoxiquer d’un discours dominant et unilatéral…

2- Retour d’expérience : « yes we cloud »…5 ans après

A peine élu en 2008, le président Obama chargeait son DSI fédéral Vivek Kundra, de moderniser et de rationaliser l’informatique fédérale via les technologies web. Une fois passés les annonces très volontaristes (cloud computing first), les plans très ambitieux (diviser par deux et demi le nombre de data centers), le bilan s’avère beaucoup plus mitigé. Pour autant, la démission de Vivek Kundra sonne-t-elle l’échec de cette grande réforme (et du cloud computing) et la victoire des vendeurs d’informatique classique ? Rien de moins sûr, car édifier des clouds nationaux ne se réduit pas aux économies budgétaires mais englobe des visées autrement plus stratégiques. Une manière d’envisager autrement la portée de l’informatique dans les nuages…

3- Modèle économique : les vertus de l’élasticité…

En quoi finalement l’informatique dans les nuages se distingue-t-elle ? Assurément ni par les économies supposées qui ne sont pas toujours avérées, ni par la facturation à l’usage (on-demand), notion qui n’est ni nouvelle ni nécessairement fondée sur une architecture cloud. En fait l’informatique dans les nuages se démarque par son élasticité : sa capacité à s’adapter sans planification préalable à des évolutions substantielles d’activité à la hausse comme à la baisse. Une vertu cardinale en période d’incertitude généralisée ? En tous cas une qualité indispensable pour les startups, les activités nouvelles et certaines activités non facturables. Et une clé de lecture utile pour comprendre l’engouement intellectuel pour le cloud computing…

4- Acteurs : le cloud, l’autre infogérance…

En théorie, l’hébergement dans les nuages devrait concurrencer les prestations classiques d’infogérance. Les outsourceurs n’auraient donc pas d’autre choix que de se positionner sur ce nouveau business ou mourir. Il est donc logique de voir les prestataires d’infogérance reprendre à leur compte le discours du cloud computing. On peut toutefois vite constater qu’ils en restent au discours commercial, sans le traduire dans la réalité.

Si la mode du cloud met effectivement la pression sur les prix et donc sur les marges, le chiffre d’affaires de l’infogérance continue de croître. N’est-ce pas la preuve que ces deux types d’hébergement ne sont pas aussi frontalement concurrents ? Cette lecture critique du jeu des acteurs permet de mieux cerner le véritable périmètre du cloud computing…

5- Usages : quand le grand public porte le cloud aux nues

Le grand public s’est habitué à jongler entre ordinateurs (personnel, professionnel…),  téléphones intelligents et autres tablettes. Il plébiscite donc tout naturellement les solutions d’hébergement dans les nuages de ses photos, emails, documents divers, surtout lorsqu’elles sont gratuites ou peu onéreuses.

Une réalité s’impose : de dropbox à icloud, en passant par les operating systems dans les nuages, le grand public a la volonté d’user et d’abuser des facilités du web. Et cette réalité pourrait bien, tôt ou tard, s’imposer aux entreprises, qu’elles le veuillent ou non. Une manière de concrétiser le fameux « Bring Your Own Device ». Et en définitive un axe d’analyse prometteur pour cerner la dynamique de ce marché et apprécier sa pérennité.

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